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ATA/139/2013 • CJ GE ATA/139/2013 Généré par l'IA

Taxpayer Late Deduction Claim Irregular Tribunal Composition

Numéro de cause ATA/139/2013
Autorité / Tribunal
Juridiction Suisse · Canton de Genève (CH-GE)
Date de la décision
Issue du litige Partiellement admis (Partially Allowed)
Frais judiciaires sans frais

Synthèse Legislator

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An administrative taxpayer, residing in France and employed in the canton, filed a late claim for tax deduction based on professional pension contributions after receiving the 2009 withholding tax statement, leading the cantonal tax administration to declare the claim inadmissible due to tardiness, a decision overturned by the first instance administrative tribunal (TAPI). The administrative court partially admitted the tax administration's appeal because the TAPI judgment was rendered by an irregularly composed panel, specifically finding that one lay judge failed to meet the ongoing eligibility requirement of being domiciled in the canton, thereby mandating the annulment of the TAPI judgment and the referral of the case back to the TAPI for a new ruling by a properly constituted panel.

Regeste Legislator

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Art. 5 al. 1 LOJ, Art. 5 al. 1 let. b LOJ, Art. 5 al. 1 let. c LOJ, Art. 144 al. 8 LOJ, Art. 21 al. 1 let. a LOJ, Art. 87 al. 1 LPA; Taxpayer Late Deduction Claim Irregular Tribunal Composition: The administrative court partially admitted the tax administration's appeal because the TAPI judgment was rendered by an irregularly composed panel, specifically finding that one lay judge failed to meet the ongoing eligibility requirement of being domiciled in the canton, thereby mandating the annulment of the TAPI judgment and the referral of the case back to the TAPI for a new ruling by a properly constituted panel.

Mots-clés

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impôt à la source créance de cotisation soustraction d'une contribution cotisations de prévoyance procès fiscal acte tardif

Dispositions légales citées

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Jurisprudence citée

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Questions juridiques clés extraites par Legislator

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art. 5 al. 1 let. b LOJ

The court implicitly used this provision by confirming the judge lacked eligibility due to not having political rights in Geneva (Art. 5 al. 1 let. b LOJ) when rendering the decision, leading to the annulment.

art. 132 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05

Cited to establish the formal admissibility of the appeal before the competent jurisdiction.

art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10

Cited to establish the formal admissibility of the appeal before the competent jurisdiction.

art. 87 al. 1 LPA

Applied to decide that no court fee (émolument) would be charged due to the outcome of the case.

art. 87 al. 2 LPA

Applied to decide that no procedural indemnity would be awarded due to the outcome of the case.

art. 42 LTF

Cited as a procedural requirement for filing an appeal by way of recourse in public law before the Federal Tribunal.

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Texte complet

A/4428/2010

### [ATA/139/2013](/apps/decis/fr/ata/show/1885802) du 05.03.2013 sur JTAPI/572/2012 ( ICCIFD ) , PARTIELMNT ADMIS

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[En fait](#EF)

[En droit](#ED)

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE

POUVOIR JUDICIAIRE A/4428/2010-ICCIFD ATA/139/2013 COUR DE JUSTICE Chambre administrative Arrêt du 5 mars 2013

dans la cause

ADMINISTRATION FISCALE CANTONALE

contre

Madame C______

et

ADMINISTRATION FÉDÉRALE DES CONTRIBUTIONS

_________

Recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 30 avril 2012 (JTAPI/572/2012)

EN FAIT

1. En 2009, Madame C______, domiciliée en France et qui travaillait à Genève, était soumise à l’impôt à la source.

2. Après avoir reçu son attestation-quittance 2009 datée du 18 février 2010 relative à l’impôt à la source prélevé par son employeur, Mme C______ a sollicité de l’administration fiscale cantonale (ci-après : AFC-GE) la rectification de son imposition, demandant la prise en compte au titre de déduction de cotisation à sa caisse de prévoyance professionnelle.

3. Le 19 octobre 2010, l’AFC-GE a déclaré sa réclamation irrecevable pour cause de tardiveté.

4. Le 17 novembre 2010, Mme C______ a recouru auprès du Tribunal administratif de première instance (ci-après : TAPI) contre la décision sur réclamation précitée.

5. Le 30 avril 2012, le TAPI a admis son recours et renvoyé le dossier à l’AFC-GE afin qu’elle entre en matière sur le fond de la réclamation.

Ont siégé lors de la délibération, selon les informations relatives à la composition du TAPI qui figurait à la fin du dispositif du jugement, Madame X______, présidente, Monsieur H______ et Monsieur S______, juges assesseurs.

6. L’AFC-GE a recouru le 11 mai 2012 auprès de la chambre administrative de la Cour de justice (ci-après : la chambre administrative) contre le jugement précité, concluant à son annulation et au rétablissement de sa décision du 19 octobre 2010.

7. Le TAPI a transmis son dossier le 30 juillet 2012 sans formuler d’observation.

8. Mme C______ a répondu le 10 août 2012 en persistant dans sa position.

9. Le 13 août 2012 l’administration fédérale des contributions (ci-après : AFC-CH) a conclu à l’admission du recours.

10. Le 11 février 2013, la présidente du Conseil supérieur de la magistrature (ci-après : CSM) a écrit à la présidente de la chambre administrative.

M. S______, juge assesseur auprès du TAPI siégeant dans les affaires fiscales, s’avérait être domicilié dans le canton de Vaud depuis le mois de septembre 2010, de sorte que depuis cette date il ne remplissait plus les conditions d’éligibilité

11. Sur quoi, la cause a été gardée à juger.EN DROIT

1. Interjeté en temps utile devant la juridiction compétente, le recours est recevable (art. 132 de la loi sur l’organisation judiciaire du 26 septembre 2010 - LOJ - E 2 05 ; art. 62 al. 1 let. a de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 - LPA - E 5 10).

2. Conformément à l’art. 30 al. 1 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. - RS 101), toute personne dont la cause doit être jugée dans une procédure judiciaire a droit à ce qu’elle soit portée devant un tribunal établi par la loi, compétent, indépendant et impartial. Le droit des parties à une composition régulière du tribunal impose des exigences minimales en procédure cantonale ; il interdit les tribunaux d’exception et la mise en œuvre de juges *ad hoc* ou *ad personam* et exige dès lors, en vue d’empêcher toute manipulation et afin de garantir l’indépendance nécessaire, une organisation judiciaire et une procédure déterminées par un texte légal (ATF 129 V 335 consid.1.3.1). Toute partie à une procédure a un droit à ce que l’autorité soit composée régulièrement et statue au complet, et que seules délibèrent les personnes habilitées (ATF 137 I 340 consid. 2.2.1 ; 127 I 128 consid. 4b ; ATA/16/2007 du 16 janvier 2007 consid. 5).

On ne saurait par ailleurs admettre qu’un tribunal décide de statuer dans une composition qui s’écarte de sa composition régulière, même si les parties ont donné leur accord à cet égard ; il y a en effet un intérêt public cardinal et manifeste à ce que la justice soit rendue par des juges et tribunaux établis par la loi et non par des personnes qui conviendraient mieux aux autorités judiciaires ou aux parties (Arrêt du Tribunal fédéral 1C_235/2008 du 13 mai 2009 consid. 3.2.3).

3. C’est en premier lieu à la lumière des règles cantonales topiques d’organisation et de procédure qu’il convient d’examiner si une autorité judiciaire ou administrative a statué dans une composition conforme à la loi (ATF 131 I 31 consid. 2.1.2.1 ; 129 V 335 consid. 1.3.2 ; 127 I 128 consid. 3c ; Arrêt du Tribunal fédéral 2D_6/2012 du 31 juillet 2012 consid. 2.2).

4. a. A Genève, les juges assesseurs sont des magistrats de l’ordre judiciaire au sens de l’art. 132 de la Constitution de la République et canton de Genève du 24 mai 1847 (Cst-GE - A 2 00 ; ATF 130 I 106 consid. 2.1). Ils doivent remplir les conditions d’éligibilité prévues par l’art. 5 al. 1 LOJ, sauf celles de la titularité du brevet d’avocat et des trois ans de pratique professionnelle utile au poste (art. 5 al. 2 LOJ).

b. Tout juge assesseur doit donc, pour être éligible, avoir l’exercice des droits politiques dans le canton de Genève (art. 5 al. 1 let. b LOJ) et être domicilié dans le canton de Genève (art. 5 al. 1 let. c LOJ).

c. Lors de l’adoption de la LOJ, le 26 septembre 2010, le législateur a prévu que les magistrats déjà en fonction au moment de l’entrée en vigueur de la loi et ne remplissant pas la condition exigée par l’art. 5 al. 1 let. c LOJ n’y étaient pas soumis (art. 144 al. 8 LOJ).

d. Par ailleurs, le CSM relève de sa charge tout magistrat qui ne remplit pas ou plus les conditions d’éligibilité (art. 21 al. 1 let. a LOJ), ce qui implique que les magistrats doivent remplir en tout temps lesdites conditions.

5. En l’espèce, le jugement attaqué a été rendu le 30 avril 2012 et M. S______ a délibéré en tant que juge assesseur selon la composition mentionnée dans le jugement. Or à cette date, il ne remplissait plus la condition d’éligibilité prévue à l’art. 5 al. 1 let. b LOJ. Domicilié dans le canton de Vaud, il n’avait en effet pas l’exercice des droits politiques à Genève (art. 39 al. 2 et 3 Cst. et art. 1 let. a de la loi sur l’exercice des droits politiques du 15 octobre 1982 - LEDP - A 5 05). Il n’aurait donc pas dû participer à cette délibération. Le TAPI a ainsi siégé dans une composition irrégulière.

6. Lorsqu’une décision de justice est prise par une autorité irrégulièrement composée, elle doit selon la jurisprudence fédérale être annulée (ATF 130 I 226 consid. 3.3 ; 129 V 335 consid. 3.3 ; 127 I 128 consid. 4d ; Arrêt du Tribunal fédéral 2D_6/2012 du 31 juillet 2012 consid. 4 ; ATA/464/2011 du 26 juillet 2011 consid. 4 et 5 ; ATA/658/2006 du 7 décembre 2006 consid. 7).

7. Le recours sera ainsi partiellement admis. Le jugement entrepris sera annulé, et la cause sera renvoyée au TAPI pour nouveau jugement, celui-ci devant être délibéré dans une composition régulière.

8. Compte tenu de l’issue du litige et des circonstances de la présente espèce, il ne sera pas perçu d’émolument (art. 87 al. 1 LPA) et il ne sera pas alloué d’indemnité de procédure (art. 87 al. 2 LPA).

\* \* \* \* \*

PAR CES MOTIFS

LA CHAMBRE ADMINISTRATIVE

à la forme :

déclare recevable le recours interjeté le 11 mai 2012 par l’administration fiscale cantonale contre le jugement du Tribunal administratif de première instance du 30 avril 2012 ;

au fond :

l’admet partiellement ;

annule le jugement du Tribunal administratif de première instance du 30 avril 2012 ;

renvoie la cause au Tribunal administratif de première instance pour nouveau jugement, au sens des considérants ;

dit qu’il n’est ni prélevé d’émolument ni alloué d’indemnité de procédure ;

dit que, conformément aux art. 82 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF - RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification par-devant le Tribunal fédéral, par la voie du recours en matière de droit public ; le mémoire de recours doit indiquer les conclusions, motifs et moyens de preuve et porter la signature du recourant ou de son mandataire ; il doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par voie postale ou par voie électronique aux conditions de l’art. 42 LTF. Le présent arrêt et les pièces en possession du recourant, invoquées comme moyens de preuve, doivent être joints à l’envoi ;

communique le présent arrêt à l’administration fiscale cantonale, à Madame C______, à l’administration fédérale des contributions, ainsi qu’au Tribunal administratif de première instance.

Siégeants : M. Thélin, président, Mmes Hurni et Junod, MM. Dumartheray et Verniory, juges.

Au nom de la chambre administrative :

la greffière-juriste : S. Hüsler Enz · le président siégeant : Ph. Thélin

Copie conforme de cet arrêt a été communiquée aux parties.

Genève, le · la greffière :